• Les camps de Fréjus-Saint-Raphaël

    Préparation à la représentation du lundi 21 novembre 2014,
    « Des inconnus chez moi », Compagnie La Poursuite,
    d'après le livre de Lucie Cousturier

    Les Camps de Fréjus-Saint Raphaël pendant la Première Guerre mondiale


    Au cours de la Première Guerre mondiale, plus de 230 000 soldats d'Afrique subsaharienne furent mobilisés :
    - 190 248 d'Afrique Occidentale Française et d'Afrique Équatoriale Française
    - 41 355 de Madagascar
    - 2 434 Somalis et Comoriens.

    Le choix de Fréjus-Saint-Raphaël - Une fois décidé l'envoi en France métropolitaine de tous ces bataillons, il fallut trouver des sites favorables à leur accueil. Le choix de Fréjus Saint-Raphaël découla de plusieurs facteurs. Les avantages du site n'étaient pas négligeables. Les conditions naturelles étaient favorables à l'accueil de troupes coloniales : le climat sain et peu humide. L'hiver était beaucoup moins rude que dans le nord de la France : les Sénégalais pouvaient y être logés durant cette période.
    L'Armée appréciait aussi le fait que la ville fut desservie par le chemin de fer. Autre avantage, la proximité de Marseille, un des ports de débarquement des troupes, qui réduisait le temps de transport. Enfin le territoire communal très étendu et peu urbanisé ménageait de grands espaces de manœuvres aux militaires.

     

    Extraits du livre

    Embarquement de tirailleurs sénégalais à Fréjus pour le front en 1915

    La capacité d'accueil de ces camps atteignit 40 000 hommes à la fin du conflit.

    Pour quels bataillons ? Le site varois accueillit tous les types de bataillons coloniaux : Les bataillons "de marche" ou de "première ligne" ; Les bataillons de renfort ; Les bataillons d'étapes ; Les bataillons de dépôt.
    La garnison de Fréjus était composée du 73e BTS ou "Bataillon de Dépôt des Indigènes des Camps de Fréjus" (BDICF), qui fut certainement créé en avril 1916. Il était composé de soldats de toutes origines, groupés dans des compagnies distinctes. Il est possible de recenser 31 compagnies différentes : douze sénégalaises ; neuf malgaches ; trois indochinoises ; une somalis ; une canaque et une compagnie de mitrailleuses (toutes ces compagnies ne furent pas en service simultanément.) En août 1917, ce bataillon fut rejoint par le 72e BTS formé de quatre compagnies, il ne comptait que des Sénégalais.

    L'Hivernage - Dès l'hiver 1914, les tirailleurs (souvent récemment recrutés et à peine entraînés), sont retirés du front parce qu'ils souffrent, plus que les autres, des conditions climatiques. C'est la pratique dite « de l'hivernage » qui se développa à partir de 1915. Les tirailleurs sont installés dans des camps, essentiellement à Fréjus-Saint-Raphaël, où ils suivent un entraînement intensif et des cours de français simplifié.
    Par exemple, au cours de l'hiver 1916-1917, près de 30 000 hommes furent accueillis dans les camps du Sud-Est : 5e, 6e, 27e, 28e, 29e, 32e, 36e, 45e, 52e, 66e, 67e, 68e, 69e, 70e, 71e, 74e, 78e, 80e BTS, le bataillon somalis et les bataillons malgaches et indochinois.

    Composition des camps - Tout au long de la guerre, l'armée édifia à Fréjus -Saint-Raphaël un immense complexe militaire comprenant des camps d'hébergement, des bâtiments pour la logistique, des hôpitaux, des champs de manœuvre et de tir.
    C'est au début de l'année 1915 que l'armée décida de loger des troupes coloniales à Fréjus. Les premières réquisitions de terrains furent effectuées en mars, dans le quartier des Sables.

    « Nous nous rendons en famille dans l'une des régions condamnées. C'est un bois d'oliviers quinze fois centenaires et aussi d'antiques genévriers (…) or, voilà que dans cette matière d'apparence intangible, immortelle, les équipes de l'entreprise militaire se sont engagées. Nous les voyons arracher les cistes qu'ils amoncellent, nous les voyons s'attaquer aux vieux arbres (…) Après la dévastation de la forêt, la laideur des baraquements de leurs camps et de leurs hôpitaux(...) »
    in Lucie Cousturier, pp. 7-8

    Le camps était situé sur le bord de mer, non loin du cours d'eau de la Garonne, séparant Fréjus de Saint-Raphaël.Constitué surtout de tentes rondes "marabout" caractéristiques, il formait avec le centre d'Aviation Maritime tout proche, un pôle militaire groupé dans un quartier peu urbanisé. Après l'ouverture de nouveaux camps en 1916, il fut principalement utilisé par le 73e BDICF.

    L'ensemble des camps construits au cours de la Guerre fut réparti sur trois sites principaux autour de Fréjus et Saint-Raphaël. L'agencement des camps était relativement similaire, excepté le camp des "Sables" constitué de tentes.

    Extraits du livre   Extraits du livre

     


    Les autres camps étaient équipés de grands bâtiments en bois appelés "baraques Adrian". Le logement de l'effectif d'un bataillon de première ligne (1 000 hommes) nécessitait une
    vingtaine de ces baraques, d'une capacité de 56 hommes chacune.
    L'intérieur des baraquements était sommaire. Les soldats dormaient à même le sol, sur des litières rembourrées de paille ou, lorsque cette matière marquait, de fougère, de mousse et même parfois d'aiguilles de pin... Le sol des camps était en terre battue.
    Chaque camp disposait de l'eau courante provenant de la Siagnole, la source approvisionnant Fréjus. Des douches étaient disponibles dans chaque camp.

    Extraits du livre

     


    Nourrir les soldats Il fallait aussi nourrir ces milliers d'hommes. Certains camps disposaient d'un bâtiment qui faisait office de salle de repas, avec des cuisines à l'arrière. Pour les autres, c'était la cuisine ambulante, la fameuse "popote".

    Extraits du livre

    Au début, l'ordinaire du soldat n'était pas bien fameux : "une gamelle de riz où se perdait une minuscule portion de viande". Ce repas était peu riche en calories. Un meilleur service de ravitaillement permit cependant d'améliorer la situation. Outre les arrivages par train, l'armée passait des contrats avec les fournisseurs régionaux. La viande était retirée par chaque unité
    aux abattoirs des deux communes, les repas étant préparés au sein même des bataillons. Les deux abattoirs furent régulièrement agrandis durant le conflit, pour faire face aux besoins des troupes toujours plus nombreuses.

    Extraits du livre

     

    Sources :

    - Laurent MIRIBEL, Les camps de troupes coloniales de Fréjus-Saint-Raphaël durant la Première Guerre mondiale, Mémoire de Maîtrise, Faculté des Lettres de Nice
    - Sandrine LEMAIRE et Eric DEROO, Histoire des Tirailleurs, Seuil, 2010

    R. SIRUGUE

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